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Création d’entreprise : les 5 causes d’échec


La création d’entreprise se heurte à une dure réalité : la mortalité des jeunes entreprises est très importante. Les chiffres sont implacables.

Ces chiffres* varient selon les pays, selon les continents, selon les années, selon la conjoncture…

Mais on peut retenir sans trop se tromper que, en moyenne :

  • 25% des jeunes entreprises ne dépasseront pas les 2 années d’activité
  • 45 à 50% ne passeront pas le cap des 5 ans d’activité

Dans le secteur des start-ups les chiffres sont considérablement plus négatifs, on estime que

« 8 start-ups sur 10 disparaissent rapidement »

(ce chiffre serait hélas plus élevé encore en Afrique).

Quelles sont les causes d’échec les plus fréquentes ?

  • Pour 45 % des jeunes entreprises c’est le manque de compétences commerciales
  • Pour 25% c’est le manque de compétences en gestion
  • Pour 19% c’est le manque de compétences techniques
  • Pour 10% c’est le fait du caractère du créateur

Il faut bien le dire, si la mortalité des jeunes entreprises est si élevée, pour l’essentiel les raisons tiennent à des carences qui amènent le jeune créateur à ne pas faire ce qu’il faudrait faire pour que ça marche – par exemple ne pas faire d’étude de marché sérieuse- ou à prendre des décisions inconsidérées -par exemple faire des investissements sans rentabilité immédiate- qui vont précipiter l’entreprise vers sa fin.

Ces chiffres donnent le vertige, j’en conviens. Mais rassure-toi, j’ai une bonne nouvelle :

L’analyse de la réussite des entreprises qui passent le cap des 5 ans d’existence montre que 70% d’entre elles avaient un point commun décisif : elles étaient accompagnées

Le créateur avait choisi de se faire accompagner soit par un coach, soit par un mentor, ou encore d’être parrainé. Et cela fait une grande différence. Cela fait LA différence. On en reparle à la fin de cet article.

Voici les 5 principales raisons d’échec des jeunes entreprises :

1. Absence de compétences commerciales du créateur d’entreprise

Beaucoup de jeunes créateurs d’entreprise croient que la difficulté numéro un pour créer une entreprise qui a des chances de réussir, c’est le manque de moyens financiers.

Erreur. Toutes les études sur la cause de mortalité des jeunes entreprises montrent que les moyens financiers de départ – je reviendrai sur ce point dans un autre post – ne sont pas une cause majeure de cette mortalité.

La cause principale de mortalité de 45% à 50% des jeunes entreprises c’est l’inadéquation produit-marché

Autrement dit le produit ou service commercialisé ne rencontre pas de marché suffisant pour assurer la viabilité et la pérennité de l’entreprise.

Les raisons peuvent-être nombreuses :

  • Il n’y a pas de marché pour le produit. Le créateur a pensé que puisque le produit lui plaisait, il plairait à beaucoup d’autres
  • Il n’y a pas de marché pour le produit au prix où il est vendu. Le produit est mal positionné
  • La qualité du produit ou du service est insuffisante
  • Un marché qui n’est pas mûr pour que l’idée fonctionne. Le recyclage des déchets de toute nature est un exemple de marché pas mûr pour que l’activité se développe convenablement. Sur le principe tout le monde est d’accord. ‘’C’est bien de recycler’’. Mais dans la réalité beaucoup de produits recyclés ne trouvent pas leur place sur le marché face à des produits fabriqués avec des matières vierges donc plus performants techniquement. De plus souvent le prix des matières vierges peut tomber à des prix très bas – c’est le cas des dérivés du pétrole- rendant les produits recyclés non compétitifs
 
Inadéquation produit-marché cela signifie tout simplement que le créateur n’a pas mené d’étude de marché sérieuse permettant de valider son idée d’entreprise

Tu imagines les chances de réussite d’un entrepreneur qui n’a pas étudié son marché ? Il a une idée. Et cette idée est géniale puisque c’est son idée !

Il fait comme si c’était lui le client. Donc pas besoin de passer par la validation de son projet.

Il a décidé qu’il y a un marché pour son produit/service.

Mais il n’a pas pris la peine de définir son/ses client.s type. Comment va-t-il définir une stratégie commerciale, puisqu’il ne sait pas à qui s’adresser ?

Il n’a pas interviewé 10, 20 clients potentiels pour savoir ce dont ils ont besoin, quel est le problème qu’ils voudraient voir résolu…

Il n’a pas positionné son produit/service puisqu’il n’a pas fait d’étude de la concurrence.

En fait il suit son intuition. Il adore son produit alors il pense que les ‘clients’ vont adorer son produit.

Résultat il est condamné à tâtonner puisqu’il n’a pas mis en place le b a ba de la création d’entreprise qui est de savoir quel problème on résout, qui est le client, quel est le bon prix, quel sont les volumes potentiels, qui sont les concurrents, etc… Il agit à l’aveuglette.   

Mon conseil

N’agis pas à l’aveuglette, occupe-toi de trouver des clients, demande-leur ce qu’ils pensent de ton produit. Tiens compte de leur avis car ce qui fait vivre une entreprise ce sont ses clients. Tu peux avoir le plus beau produit – à tes yeux -, si cela n’est pas partagé par des clients, il n’y a pas ou plus d’entreprise.

2. Carences en gestion

25% des jeunes entreprises disparaissent à cause de carences en gestion. C’est la deuxième cause de mortalité des jeunes entreprises.

Le manque de compétences en matière financière et commerciale peut se révéler mortel pour l’entreprise.

Pas de plan marketing pour lancer et développer l’activité, des décisions d’investissement prématurées tant que l’entreprise n’a pas trouvé son marché… C’est l’échec assuré.

Trop de jeunes entrepreneurs se lancent dans l’aventure sans avoir mesuré le niveau de compétences nécessaire pour réussir. Il ne suffit pas de connaitre un peu telle ou telle activité pour avoir les compétences nécessaires à la réussite du projet.

Créer, développer une entreprise, cela fait appel à un ensemble de compétences de gestion. Ces compétences sont d’autant plus nécessaires si l’entreprise se développe vite. Et tout d’abord savoir faire un budget, calculer ses frais fixes, ses frais variables, sa marge, mesurer l’évolution des chiffres…

Plus le projet est ambitieux et plus il faut avoir des bases solides en gestion.

Tu pourras déléguer la comptabilité à un comptable extérieur, mais tu ne pourras pas déléguer le calcul des prix de vente, le calcul de marge brute, de marge nette. Ce sont des notions fondamentales pour l’entreprise, elles sont dans les mains du créateur qui doit bien les maitriser.

Certains jeunes chefs d’entreprise ont tendance à mélanger comptes personnels et comptes de l’entreprise. Ils confondent recettes et bénéfice, et très vite la trésorerie se retrouve à sec.

Mon conseil

Avant de te lancer fais le point sur les compétences nécessaires pour mener ton projet à bien. Vois ce que tu peux sous-traiter (la comptabilité, le juridique.). Pour ce qui fait partie des connaissances indispensables du chef d’entreprise (le marketing, la gestion des coûts…), forme-toi !

3. Carences techniques

19% des jeunes entreprises disparaissent à cause de carences techniques.

De nombreuses activités sont basées sur des compétences techniques. Il faut savoir produire, il faut savoir cuisiner, il faut savoir entretenir, il faut savoir réparer…

Nous sommes tous régulièrement confrontés à ce problème. Quand on met sa voiture au garage parce qu’il y a un bruit suspect quelque part, quand on fait venir un plombier pour réparer une fuite, quand la machine à laver est en panne… On s’adresse à quelqu’un qui est censé être un professionnel et parfois c’est la déception et la frustration, car le travail n’est pas bien fait. Et on se dit celui-là je ne l’appellerai plus, celui-là je n’irai plus chez lui.

La carence technique c’est souvent aussi plus subtil. C’est par exemple le boucher qui ne sait pas reconnaitre une bonne viande d’une viande médiocre, c’est le poissonnier qui n’achète pas du poisson ultra frais et qui ne respecte pas la chaine du froid… Résultat les clients exigeants vont voir un autre fournisseur.

L’incompétence technique on la voit beaucoup par exemple dans l’activité de restauration. C’est un métier qui semble facile. Beaucoup de gens s’improvisent restaurateur. Ils aiment cuisiner chez eux et pensent pouvoir cuisiner pour 30 ou 40 personnes chaque midi, chaque soir. Ou bien ils pensent qu’ils vont régler le problème en embauchant un cuisinier.

Mais si ouvrir un restaurant c’est facile, le faire vivre c’est très difficile ! Il faut trouver la bonne formule, savoir faire les achats, savoir animer le restaurant, savoir former une équipe solide… C’est une activité où même des professionnels chevronnés se cassent la figure.

Alors imagine les risques pour ceux qui n’ont jamais appris à cuisiner, à gérer un restaurant. D’où la nécessité d’apprendre à cuisiner, de faire des stages dans des bons restaurants, avant de se lancer.  

C’est vrai pour toutes les activités où l’entreprise apporte un service qui repose sur des compétences techniques : services aux entreprises, électronique, informatique, etc. Les carences techniques vont rapidement se voir. Les clients vont se tourner vers des prestataires plus fiables.

Mon conseil

Si ton produit/ton service repose sur des compétences techniques, avant de te lancer fais le point sur le niveau technique qui permettra de satisfaire tes clients. Et forme toi afin d’atteindre ce niveau. N’espère pas que le client ne va pas se rendre compte de tes carences !

4. Caractère inadapté du créateur

10% des jeunes entreprises disparaissent du fait du caractère du créateur.

Tu as certainement lu ces listes qui te montrent quelles sont les qualités nécessaires que le jeune créateur d’entreprise doit avoir : détermination, créativité, sens de l’organisation, ténacité, bon sens, ouverture d’esprit, etc…

A l’inverse certains défauts du créateur peuvent être le facteur principal de l’échec d’une jeune entreprise.

Le manque d’humilité ou de lucidité peut l’empêcher de comprendre quelles sont les compétences nécessaires, et aussi quel est le travail de fond qu’il faut effectuer pour lancer un projet dans de bonnes conditions. Et donc de comprendre quelles sont ses lacunes. Il faudrait qu’il se forme mais il n’en a pas conscience. Il va au-devant de graves déboires…

Un caractère inadapté à la création et au développement d’une entreprise pérenne c’est aussi le manque de concentration.

Nous vivons dans l’ère de l’impatience et de la difficulté à se concentrer durablement sur un objectif.

Le manque de concentration entraine le manque de réalisme. Si tu te fixes des objectifs trop ambitieux, tu vas t’épuiser à essayer de les atteindre.

Le métier d’entrepreneur, c’est une discipline. L’entrepreneur bâtit son entreprise pierre après pierre, il commence par les fondations et ensuite commence à construire le rez-de-chaussée, et ainsi de suite…

 
Tu dois te fixer une feuille de route avec des objectifs réalistes

Le manque de compétence n’est pas un problème rédhibitoire car tu connais la solution : se former.

Le manque d’organisation peut se soigner. Mais le manque de concentration c’est mortel pour le développement d’une entreprise. Une entreprise demande l’attention permanente de son dirigeant. 

Mon conseil

La réussite d’un projet d’entreprise repose beaucoup sur l’adéquation entre la personnalité du chef d’entreprise et le projet lui-même. D’une certaine façon ton projet doit te ressembler. Fais le point le plus objectivement possible sur tes lacunes et prends les bonnes décisions : forme-toi, concentre-toi, sous-traite…

5. Isolement du chef d’entreprise

Beaucoup de jeunes chefs d’entreprise se lancent tête baissée, espérant que tout se passe bien. Une grande majorité se lance seuls, sans partenaire.s, sans employé.s.

Ils n’ont personne auprès d’eux à qui ils puissent demander conseil, ou tout simplement avec qui dialoguer. La famille peut se révéler hostile à une aventure qui comporte beaucoup de risques.

Certains jeunes créateurs qui se retrouvent confrontés très rapidement à des difficultés plus importantes que prévu, vont se replier sur eux-mêmes, soit parce qu’ils pensent que la solution est entre leurs mains exclusivement, soit parce que très vite ils voudront cacher la perspective de l’échec.

Ils vont donc faire le contraire de ce qu’il faudrait faire.

C’est vraiment dommage car là aussi les chiffres sont très clairs.

70% des entreprises qui survivent se sont fait accompagner

Le chef d’entreprise s’est fait accompagner par un coach, un mentor, ou bien il s’est fait suivre par un parrain…

L’accompagnement est extrêmement utile tant en période de préparation à la création d’entreprise, qu’en période de développement.

Aux USA le rôle des coaches, des mentors est complètement intégré dans la vie personnelle et professionnelle. On parle facilement de ‘son coach’.

Dans beaucoup d’autres pays et continents cela reste encore sinon confidentiel, en tout cas limité.

Et pourtant s’il est un domaine ou être accompagné peut se révéler décisif c’est bien dans celui de la création d’entreprise et les chiffres cités dans cet article le montrent.

Il faut aussi noter que les candidats à la création d’entreprise, et particulièrement en Afrique, sont de plus en plus jeunes donc peu expérimentés voire totalement inexpérimentés.

De plus en plus de jeunes envisagent de créer leur entreprise. Parce que crise après crise le sentiment est que la meilleure solution pour s’en sortir c’est de créer son entreprise plutôt que d’attendre un hypothétique emploi de salarié.

En Afrique beaucoup de jeunes n’ont pas d’autre solution sérieuse pour ‘’s’en sortir’’ que de créer leur activité. Il n’y a tout simplement pas assez d’entreprises et d’emplois pour permettre à un grand nombre de jeunes africains de trouver leur voie professionnelle, quelle que soit la qualité de leur formation.

Mais voilà, ils n’y sont pour rien, ils sont jeunes et sans expérience.

Pas de honte à ça.

Le problème c’est que ça rend les choses encore plus difficiles. Alors que beaucoup de jeunes entrepreneurs pensent qu’ils savent comment faire. Ils l’ont lu sur Facebook !

Chaque jour ils se nourrissent des phrases choc de S.Jobs, de J.Bezos, J.Ma… Chaque jour ils se repaissent d’articles où on leur explique comment devenir milliardaire, comment faire preuve de leadership. Et ils passent à côté de l’essentiel. On ne se décrète pas entrepreneur à succès. Entrepreneur c’est un métier. Le succès c’est un résultat pas une ambition.

En Europe, ma génération, celles qui l’ont précédée, et celles qui l’ont suivie, avaient la chance de vivre dans une économie en croissance, où il y avait des emplois à la sortie de l’école et des universités.

Il était donc facile « d’apprendre l’entreprise », de devenir familier avec un secteur d’activité.

C’est ainsi qu’une grande partie des nouvelles entreprises étaient créées par des techniciens, par des commerciaux, qui avaient déjà l’expérience de l’entreprise. Qui avaient fait leurs preuves. Qui savaient donc à quoi s’attendre lorsqu’ils ont pris la décision de créer leur entreprise.

Beaucoup s’engageaient dans l’entrepreneuriat pour acquérir leur liberté, être ‘leur patron’.

Ils avaient remarqué que l’entreprise dont ils étaient les salariés, ne s’intéressait pas à tel ou tel type de clientèle.

Ou bien encore, leur entreprise, sollicitée par des clients qui demandaient des nouveaux produits ou des nouveaux services, déclinait en répondant « on ne fait pas ça », « ce n’est pas notre métier ».

Et voilà comment de nombreuses vocations d’entrepreneurs sont nées.

Ces jeunes entrepreneurs se lançaient dans l’aventure en ayant de l’expérience : expérience technique, expérience commerciale, expérience de gestion…

Pendant leurs nombreuses années de salarié, ils avaient eu le temps d’apprendre les codes de l’économie.

Ils connaissaient leurs clients.

Ils connaissaient la concurrence.

Ils connaissaient l’environnement économique, juridique dans lequel leur entreprise allait se mouvoir.

Bref en un mot ils étaient des professionnels

Et malgré cela eux aussi en bavaient au démarrage de leur entreprise. Parce que les débuts d’une entreprise ne se passent jamais – ou presque jamais – comme prévu.

Alors imagine ce que ça va être pour toi qui n’a pas eu la chance de pouvoir faire des stages en entreprise, de trouver un emploi qui t’aurait permis de devenir un professionnel d’un secteur d’activité, d’en connaitre les codes…

Ne te décourage pas. Il est possible de créer son entreprise même si on est jeune, même si on est sans expérience.

C’est possible d’en vivre bien, de pouvoir en faire vivre sa famille, de pouvoir voyager…Mais il faut s’en donner les moyens.

S’en donner les moyens c’est notamment se former et se faire accompagner.

Mon conseil

Garde bien à l’esprit ce chiffre : 70% des entrepreneurs qui ont réussi se sont fait accompagner

Créer son entreprise c’est compliqué

Il faut maitriser de nombreux paramètres, apprendre à connaitre son marché, apprendre de ses erreurs, apprendre à gérer, en un mot devenir un professionnel.

Si tu t’es reconnu dans certains aspects de cet article, alors prends cela pour un avertissement et réagis.

  • Fais ou refais l’étude de marché
  • Organise-toi sérieusement
  • Forme-toi, fais-toi accompagner

Et occupe-toi de tes clients !

A toi de voir si tu te sens armé pour entreprendre tout seul ce long et difficile voyage de la création d’entreprise
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3 commentaires

  1. Article vraiment très intéressant, j’ai lu avec plaisir et j’ai aussi pris des notes notes.
    Cependant, si vous avez un article sur le démarrage d’un business en ligne, veilliez s’il vous plaît répondre avec le lien sous mon commentaire.
    Merci

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